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 broken dreams. ✻ (charlie/gladys)

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Invité



MessageSujet: broken dreams. ✻ (charlie/gladys)   Ven 20 Fév - 12:08


on cherche la porte du nouveau monde
pour pouvoir s'y fondre en grand.
✻✻✻


Les yeux humides, des larmes coulants sur ses joues, Gladys courrait à travers le District, craintive que quelqu’un la voit dans cet état. En réalité, elle cherchait quelqu’un, même si elle se fichait bien d’où se trouvait cette bourgeoise, qui, comme elle, s’était enfuie à toutes jambes une fois la moisson terminée. Louie était parti. Louie, son meilleur ami, son compagnon de toujours. Ils le lui avaient dérobé et peut-être ne le reverrait-elle plus jamais. Parti, envolé, échappé pour l’éternité. C’était la première fois depuis de nombreuses années qu’elle pleurait aussi sincèrement. Extirpant tout son chagrin. Criant sa rage. Foulant à toute allure le sol des lotissements, elle poussait les gens sans se soucier de les faire tomber ou de les entendre râler. Son meilleur ami était désormais entre la vie et la mort, envoyé au Capitole avant d’être cloitré entre quatre murs, condamné à passer peut-être le restant de ses jours à espérer une sortie, un indice, une aide extérieure. Elle avait vu comment s’était déroulé le premier mois dans le Labyrinthe, comme les six premiers candidats avaient l’air désemparés, démunis. Elle avait vu Pan sortir de la Boîte, le sourire aux lèvres, et un élan de rage l’avait presque poussé à casser l’écran qu’on avait installé sur la place principale du District. Comme pouvait-il prétendre se sentir bien, alors qu’il venait de tout perdre ? Comment pouvait-il considérer cela comme une victoire, comme un véritable jeu, avec un gagnant ? Le Capitole avait gagné depuis longtemps. Et pourtant, une envie meurtrière de vengeance semblait doucement se réveiller dans le cœur de Gladys, maintenant que Louie était parti chez eux, prisonnier de ces équipes de préparateurs qui se chargeraient de le rendre plus beau. Louie était déjà beau, il n’avait pas besoin d’eux, pas besoin de ça. Elle était allée le voir à la mairie, quelques minutes à peine après que son nom fut prononcé devant tous les autres habitants, tandis que le cœur de Gladys avait raté un battement. Ou peut-être deux ou trois, voire une centaine. Elle avait cru s’évanouir, sombrant dans une longue agonie en Enfer. Elle avait senti tout son monde s’effondrer, tout ce qu’elle avait bâti, tout ce qu’elle avait construit. Avec lui. Il était la seule personne en qui elle avait réellement confiance. La seule personne qui la connaissait vraiment. La seule personne qui semblait encore appréciée la bête fauve, rythmant son quotidien à sa rage infinie, qu’elle était devenue. Elle l’aimait de cet amour indescriptible de la forte amitié. Celle qu’on ne pouvait briser, cette qui braverait bien des décennies et qui, pour l’éternité, perdurerait.
Personne ne travaillait, aujourd’hui, comme tous les Lundis. D’autant plus lorsqu’il s’agissait du premier Lundi du mois. Autrement dit, le jour de la moisson mensuelle. Gladys, elle, s’était faufilée à travers la foule, tandis que certains pleuraient la perte d’un être cher, comme elle, ou que d’autres discutaient de ces nouveaux moissonnés. S’apitoyaient sur leur sort. Gladys savait que Louie ne voulait pas de la pitié de ces gens. Mais elle courrait pour échapper à ce nom qu’elle semblait entendre partout, même dans sa tête, en boucle. Elle détestait le Capitole. Il lui enlevait petit à petit tout ce qu’elle avait de plus cher, même son âme. A vue brouillée par les larmes qui séchaient sur ses joues, elle étouffa un dernier sanglot. Arrête de pleurer, répétait-elle dans son esprit. Elle avait toujours été connue pour être une dure à cuire. Pas question qu’on la voit dans cet état, surtout si elle venait à croiser quelqu’un de la Veine. On la réduirait en miettes sur le champ. La faiblesse n’était pas tolérée dans un endroit aussi cruel, qui abritait toute la misère et la pauvreté du monde. Et puis, elle entendit quelqu’un d’autre pleurer, à quelques mètres. Elle fit volte-face, aperçut une tête rousse, au loin, s’approcha. C’était Charlotte. Charlie. Peu importe. Gladys venait de promettre à Louie de la protéger et de veiller sur elle. C’était son amie, son amoureuse, elle n’en savait trop rien. C’était la prunelle de ses yeux, peut-être plus importante qu’elle-même. Peut-être qu’elle avait été jalouse de cette bourgeoise, pendant un temps. Mais aujourd’hui, elle la regardait avec mépris. Avec chagrin. Et pas une once de pitié traversait son regard. Parce qu’elle comprenait exactement ce que cette dernière pouvait ressentir. Même si elle affichait si ouvertement sa tristesse, ce qui n’était pas dans les habitudes de Gladys, qui avait réussi à refouler ses larmes en approchant de Charlie. « Il n’aimerait pas te voir pleurer comme ça. » Déclara-t-elle en s’essayant près d’elle, à même le sol, derrière cette usine alimentaire désertique, où personne ne pourrait les trouver. Elle la regardait avec les yeux dénués de toute expression. Totalement vides. « Il tenait… Il tient beaucoup à toi, tu sais. » Ajouta-t-elle, ravalant sa salive. S voix trahissait son propre désarroi, et son envie de tout faire pour le cacher. Et si, pour une fois, elle pouvait se permettre d’assumer ce qu’elle ressentait ? Et si Charlie lui permettait d’être celle qu’elle était réellement ?
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Invité



MessageSujet: Re: broken dreams. ✻ (charlie/gladys)   Ven 6 Mar - 11:50




c'est tellement plus facile de sourire, plutôt que d'être heureux


Son cœur battait la chamade et elle avait les mains moites. Elle se sentait mal, oppressée au milieu de tous ces jeunes qui, comme elle, attendait de connaître leur sort. Un mois de plus au District, ou alors le Labyrinthe. L'un, ou l'autre. Charlie était effrayée et lorsqu'elle avait peur, elle cherchait la seule personne qui pouvait la rassurer, Louie. Elle n'eut aucun mal à le repérer, à quelques mètres, avec les autres garçons du District. Comme s'il avait senti le regard de Charlie sur lui, il tourna la tête en sa direction. Elle lui sourit tristement, et resta là, à le fixer, comme s'ils étaient seuls au monde. Dans le silence morbide qui régnait sur la grande place, un nom résonna, et Charlie sentit tout s'écrouler autour d'elle. Louie. Les yeux toujours fixés sur lui, elle l'observa quitter les rangs et se rendre vers l'estrade, sereinement. Charlie avait envie de hurler, de le suivre et de l'empêcher de partir, mais elle resta paralysée, les yeux écarquillés. Elle ne pouvait pas bouger, elle ne pouvait pas réagir. Comme si l'information refusait de monter jusqu'à son cerveau. Elle resta immobile durant le reste de la Moisson, avant de retrouver ses moyens à la fin. Elle bouscula tout le monde pour atteindre la Mairie au plus vite, et passer ces derniers instants avec Louie.
Elle l'avait serré dans ses bras, elle lui avait dit qu'elle l'aimait, tout ça en essayant de rester forte. Elle ne voulait pas qu'il la voit pleurer, il n'avait pas besoin de garder ça en mémoire avant de partir. Elle lui avait sourit, mais le cœur n'y était pas. Puis elle était partie, lorsqu'on l'avait forcé à le faire. Charlie s'était retrouvée sur la grande place, là où quelques personnes étaient toujours massées, certaines pleurant la perte de l'un des leurs, d'autres se contentant de discuter. Et c'est à ce moment là que la réalité des choses vint la frapper. C'était terminé, elle était seule. Louie était parti, il allait bientôt être en chemin pour le Capitole, et elle ne le reverrait peut-être plus jamais. Elle n'allait plus éprouver cette joie à l'idée de le revoir, elle ne sentirait plus son regard se poser sur elle. Elle n'allait plus pouvoir passer sa main sur sa joue et goûter à ses lèvres. Non, au lieu de ça, elle allait le voir tous les soirs dans le Labyrinthe, perdu et seul, luttant pour retrouver un équilibre. S'en était trop pour Charlie. Celui qu'elle aimait était partie, et elle venait tout juste de le réaliser pleinement. Elle n'arrivait plus à lutter, et les larmes commencèrent à couler sur ses joues, se transformant rapidement en sanglots incontrôlables. Elle devait partir d'ici, s'échapper de cette place maudite, s'isoler. Elle se mit à courir, comme pour s'éloigner plus vite, même si elle ne savait pas où aller. Elle ne pouvait pas retourner chez elle, pas dans cet état. Ses parents n'auraient pas compris. Et puis elle avait besoin d'être seule. Elle tourna en rond un moment, avant de se retrouver derrière une usine abandonnée, où elle était certaine de ne pas être dérangée. Assise par terre, elle ramena ses genoux contre sa poitrine et passa ses bras autour de ses jambes, alors que tout son corps était secoué de spasmes. Les larmes refusaient de s'arrêter, mais à vrai dire, Charlie n'essayait même pas de se calmer. Elle avait besoin d'extérioriser les choses, de se laisser aller. C'est pas leur stupide moisson qui peut nous séparer. Rien ne le pourra jamais... Il y a une semaine, Louie lui avait dit ça, comme s'il l'avait pressenti. Et elle savait, au fond d'elle, qu'il avait raison. Même s'il était loin d'elle, Charlie continuerait de penser à lui tous les jours, de le porter dans son cœur. L'amour qu'elle ressentait à son égard n'allait pas s'affaiblir à cause de ça. Mais cette situation n'était pas juste. Louie ne méritait pas ça, il ne méritait pas d'être choisi aujourd'hui. Lui qui s'était toujours battu, qui avait eu une vie difficile, ne méritait pas d'en baver encore plus. Rien de tout cela n'était juste et c'est ça qui était encore plus douloureux.
Charlie ne fit pas attention aux bruits de pas qui approchaient, bien trop concentrée sur son propre chagrin. Elle leva ses yeux rouges et humides vers Gladys au son de sa voix. Elle avait eu l'occasion de la voir quelques fois, lorsqu'elle allait voir Louie à la Veine. Mais Charlie savait que Gladys ne la portait pas particulièrement dans son coeur, elle l'avait toujours senti. Elles étaient très différentes après tout, et si elle aurait apprécié connaître un peu mieux la meilleure amie de Louie, elle s'était vite résignée en comprenant que ça n'était pas réciproque. « Je sais. » Bien sûr qu'elle savait, Charlie. C'est bien pour ça qu'elle avait fait un effort à la Mairie, un peu plus tôt. Du revers de sa main, elle essuya ses joues mouillées avant de jeter un coup d'oeil à la brune. Même si elle ne pleurait pas, Charlie pouvait voir qu'elle l'avait fait. Mais Gladys était bien trop fière pour montrer cette faiblesse à n'importe qui. Et pour ça, Charlie la respectait beaucoup. Gladys dégageait cette force, ce courage, qui impressionnaient beaucoup la jeune femme. En la voyant, elle comprenait très bien pourquoi Louie s'entendait si bien avec elle. Ils se ressemblaient beaucoup. « J'ai jamais vraiment compris pourquoi.. » Sa voix tremblait, et Charlie détestait se montrer aussi faible, mais c'était plus fort qu'elle. Elle avait du mal à gérer ses émotions, rien ni personne ne l'avait jamais forcé à s'endurcir, à se forger une carapace. Louie s'amusait à lui dire qu'elle était un livre ouvert, qui n'était pas difficile à déchiffrer. Et il avait raison, totalement. « Vous vous ressemblez beaucoup, toi et lui. » Les larmes continuaient toujours à couler sur ses joues, mais elle avait réussi à calmer les sanglots qui ne l'avaient pas quitté depuis qu'elle avait dit au revoir à Louie. C'était déjà ça.
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