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 au coin des arbres + gladys

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MessageSujet: au coin des arbres + gladys   Dim 22 Fév - 18:55





Il fait froid. Ou chaud. Tu sais pas trop. Tu sais plus trop. T'as oublié ces sensations, depuis le temps que t'es là. Pourtant, t'aimerais bien les ressentir à nouveau, Eza. Oui, t'aimerais bien. Parce que ça aurait été la seule chose qui prouverait que vous êtes encore vivants. Toi, lui, elle, et eux. Réduits à du bétail. Voilà, ce que vous êtes, du bétail, des bêtes de cirques. Levé de rideau, Ezra. Tout les yeux du Capitol sont rivés vers vous. Sauf que toi, tu veux pas faire partie du spectacle. Pourtant, tu cours. Chaque jour. Parfois, tu sais même plus pourquoi tu cours tant c'est devenue une habitude. Puis tu vois l'espoir briller dans les yeux de tes camarades, alors tu continues, un pied après l'autre. C'est bien Ezra, t'as pas oublié comment marcher au moins. Tu te lèves, tu viens de finir de manger alors t'as plus rien à faire. T'es fatigué, épuisé, mais t'as pas envie de dormir. Tu t'ennuies. Tu vas dans la nuit, t'aurais aimé te perdre comme tu le faisais souvent à l'extérieur. À l’extérieur de quoi ? T'en sais trop rien, tu sais même pas comment nommer cette chose. Ta raison te dit Labyrinthe, mais tes pensées te disent Enfer. Mais peut-être qu'au fond ce ne sont que des synonymes. Alors, tu marches, encore. Mains dans les poches, tu ne regardes pas où tu vas. Et qu'importe, tes pieds peuvent bien te mener n'importe où, tu resteras toujours enfermé. Tu relèves tout de même la tète, parce que t'as pas envie de te prendre un arbre un pleine face. Quoi que ça pourrait être un bon sujet de rigolade. Le grand Ezra qui n'est même pas capable de regarder droit devant lui, comme un imbécile, un aveugle. Oui, tu rigoles pour un rien depuis que t'es là. Sûrement parce que tu te voiles un peu la face. Sûrement parce que t'aimes pas être dépressif. Broyer du noir, c'est pas pour toi Ezra. Alors tu souries. Tu préfères avoir une bonne mine plutôt que le cafard. Sauf quand tu penses à ta sœur. Cette sœur que t'as laissé dehors. Cette sœur que t'aimais plus que ta propre vie. Cette sœur qui aura bientôt l'âge requis pour atterrir ici. Soudain, t'entends du bruit, Ezra. Tu tends l'oreille et en cherches la source. Tu sais pas trop pourquoi. Y'a souvent des âmes égarées dans ce dépotoir à sentiment, ce trou à raz qu'est le terminus. Et t'es un bon samaritain, toi, Ezra. T'aimes pas voir les gens tristes, même si c'est un peu normal, ici. T'aperçois une silhouette bougée alors tu te mouves jusqu'à elle. Puis tu reconnais Gladys, de loin. Elle est seule. Cette fille tu la connais depuis ta descente aux enfer. Elle est arrivée un mois après toi. À l'époque t'étais encore un associable, Ezra. Tu fusillais tout le monde du regard. C'est à peine si les gens avaient déjà entendu le son de ta voix. Mais c'était normal, après tout, tu comprenais pas encore où t'étais tombé. T'as fais la cuisine avec elle, Ezra. Et c'était pas fameux, d'ailleurs. À sa vue, un sourire s'esquisse sur tes lèvres. Vous ne vous êtes pas parlés depuis quelques jours, alors tu te dis que c'est peut-être l'occasion. Tu t'avances et sans même t'annoncer tu prends place à côté d'elle sur le banc. T'as pas besoin de t'annoncer de toute façon, c'est chez personne ici. Tu t'étires, puis tu lèves les yeux au ciel. Tu le connais par cœur ce ciel, ce ciel artificiel. Tu laisses quelques minutes passer, où vos respirations communes rythment le silence roi. Puis tu prends enfin la parole, d'une voix monotone. « Quand j'étais petit, je me plaignais du froid. » Avant d'enchaîner quelques instants après, avec un léger rire. « Aujourd'hui ça me manque. » Sauf qu'à l'époque tu savais pas, Ezra. Tu savais pas que tu serais envoyé ici. Petit chanceux, tu te pensais encore tout puissant. Tu sais pas pourquoi t'as dis ça d'ailleurs, mais tu l'aimes bien Gladys. Tu l'apprécies depuis le début, alors t'avais envie d'entamer la conversation.


Dernière édition par Ezra Milox le Dim 1 Mar - 12:40, édité 1 fois
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Invité



MessageSujet: Re: au coin des arbres + gladys   Dim 1 Mar - 11:50

Tu te demandes si tu es une bête féroce ou bien un saint. Mais tu es l'un, et l'autre, et tellement de choses encore. Tu es infiniment nombreux ; celui qui méprise, celui qui blesse, celui qui aime, celui qui cherche, et tous les autres ensembles. Trompe-toi, sois imprudent, tout n'est pas fragile, n'attends rien que de toi, parce que tu es sacré. Parce que tu es en vie. Parce que le plus important n'est pas ce que tu es, mais ce que tu as choisi d'être.

Son frère lui manquait plus que tout. Constamment, Gladys avait l’impression de se répéter, mais c’était la vérité, après tout. Depuis le jour où elle avait posé les pieds dans ce foutu Bloc, son frère lui manquait d’une force inimaginable. D’ailleurs, elle se demandait bien si les autres étaient dans la même situation. Si quelqu’un leur manquait autant que Dan lui manquait. Si c’était possible. Si elle était la seule. Mais, au fond, elle s’en fichait pas mal. Elle s’en foutait royalement, des histoires de toutes ces personnes qui l’entouraient. D’anciens pauvres ou d’anciens riches, elle ne voyait pas la différence, puisqu’aujourd’hui, ils se retrouvaient dans la même galère. Le Labyrinthe les réunissait, et pour la première fois depuis bien longtemps, son égoïsme était presque bénéfique. Garder pour elle tout ce qu’elle avait vécu était le meilleur moyen de ne pas se disperser, et se concentrer sur leur objectif, leur but ultime : sortir d’ici. Car même si Gladys semblait avoir perdu tout espoir, il y avait toujours une petite flamme qui brûlait en elle, qui croyait à une issue. Chaque matin, alors qu’elle était chargée de préparer les repas des Coureurs et de leur donner, elle leur souhaitait bonne chance, et chaque soir, elle attendait leur retour avec impatience. Seule la déception semblait lui donner une réponse à toutes ses interrogations. Seule la tristesse, le chagrin. La colère. Elle rythmait son quotidien et les battements de son cœur. Sa plus fidèle amie, son arme la plus dangereuse. Gladys était une accumulation de colère et de rage. Contre ce pacificateur qui avait tué ses deux parents devant tout le District réuni. Contre le Capitole qui l’avait séparée de son frère, qui l’avait enfermée dans ce trou à rats, qui l’avait privée de toute liberté. Contre ce système injuste qui l’avait conduite tout droit parmi les plus misérables des misérables. Contre tous et envers tout le monde. Même elle. Gladys n’était que colère et destruction.
Elle se rendait souvent au terminus, où elle pouvait se ressourcer, lorsqu’elle sentait qu’elle était sur le point de craquer. Pleurer devant les autres blocards était devenue une réelle phobie, et refouler ses larmes une épreuve. Jamais elle ne s’était sentie aussi faible que depuis seize mois. Ces seize mois qu’elle avait passé cloitrée entre ces quatre murs de béton. Sa carapace se brisait et elle détestait ça. Tout ce qu’elle espérait, c’était que les caméras n’étaient pas assez nombreuses pour réussir à la piéger, dans ces rares moments de relâchement, derrière un buisson ou sur ce banc où elle avait pris l’habitude de se rendre. Cela faisait presque deux semaines que la dernière moisson leur avait envoyé de nouveaux tocards à éduquer, et bientôt, le Conseil choisirait à quel poste les affecter. Gladys aurait de nouveaux Cuistots comme compagnie. Mais au final, cette idée ne l’enchantait guère. La foule était devenue sa plus grande peur. Pourtant, elle savait que tous les regards, à l’extérieur, étaient fixés sur eux. Et elle osait se demander si parmi eux, on comptait celui de Dan. Elle sentit alors une présence, à quelques mètres, elle releva la tête, reconnut une silhouette familière, des cheveux blonds, une carrure athlétique. Un mince sourire fendit ses lèvres, et elle baissa à nouveau la tête. Ezra s’installait à côté alors qu’un lourd silence s’installait. Il faisait sombre et on ne tarderait pas à venir les chercher pour qu’il retourne à la ferme, eux aussi. Alors, Ezra brisa la glace, fit une remarque qui fit légèrement sourire Gladys. Elle ne saurait dire si c’était de la compréhension, de l’amusement, ou un peu d’ironie. En réalité, Gladys n’avait jamais réellement compris le sens du mot rire. « C’est parce que tu n’avais pas l’habitude. D’avoir froid, je veux dire. T’avais le chauffage, l’eau courante. Le froid, tu t’y habitues très vite, quand t’as pas d’autres choix. » Elle se souvenait de la première fois qu’elle avait rencontré Ezra. En réalité, ils ne s’étaient même pas parlés. Juste regardés, observés. Gladys l’avait aidé à reprendre sa préparation, alors qu’il était sur le point de mettre le feu aux cuisines. Quel mauvais cuisinier il avait pu faire. Mais Gladys avait tout de suite compris. Qu’il n’était pas bien, qu’il n’avait pas besoin de toute la pitié qu’on lui administrait. Et elle avait respecté cela. Elle n’avait pas fait partie des gens qui avaient voulu discuter avec lui, l’aider. Parce qu’elle avait compris qu’il n’en avait pas envie. Qu’il devait s’adapter. Même s’il était arrivé un mois avant elle. Et puis, Ezra avait radicalement changé en devenant coureur. Il était joyeux, et blagueur. Il leur apportait à tous un peu de joie, et Gladys, même si elle ne le disait pas, ça lui réchauffait le cœur. Elle savait qu’elle pouvait avoir confiance en Ezra. Alors, elle tourna la tête derrière elle, contempla ces pierres posées sur le sol, qui abritaient les corps des blocards morts dans le bloc. D’une piqure, par exemple, ou d’une autre saloperie du genre. « Dis, Ez. Est-ce que quelqu’un de l’extérieur te manque ? Mais pas juste un petit peu. Est-ce que quelqu’un te manque à ne pas réussir à penser à autre chose, à ne plus avoir faim, à te retourner complètement te cerveau, à réellement te faire mal ? » Elle avait besoin de savoir. Etait-elle la seule ?
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