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 wildest moments ✻ alice/gladys

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MessageSujet: wildest moments ✻ alice/gladys   Lun 16 Fév - 14:26


don’t walk behind me, i may not lead.
don’t walk in front of me, i may not follow.
just walk beside me and be my friend.
✻✻✻


Two years ago.
Complice de la pénombre, Gladys s'éloignait dans l'air frais de Mars, s'éclipsait dans l'obscurité, fuyant tout ce qu'elle chérissait, et pourtant tout ce qui était la raison de son malheur. La Veine. Elle y avait grandi, elle y avait sûrement passé les meilleurs et les pires moments de sa vie. Quoi que le meilleur s'était fait rare, dans sa pourtant courte mais triste existence. La Veine, c'était sa maison, son abri, son refuge. La Veine l'avait accueillie alors qu'elle n'était qu'une enfant, et l'avait vue évoluer, changer à ses quinze ans, devenir une jeune fille plus forte, et presque une femme. La Veine avait résisté aux attaques du Capitole, au feu qui avait dévasté les maisons et au sang qu'on avait fait couler sur cette terre purifiée. La Veine, c'était son quartier, sa mentalité, et Gladys était persuadée que tous ceux qui n'avaient pas connu ce quotidien dans la pauvreté, ne pouvaient définitivement pas comprendre ce qu'ils enduraient, et ce que c'était, la Veine. Une communauté, avant tout. Ils se serraient les coudes, et semblaient liés par quelque chose d'indestructible, d'insoupçonné, d'inexplicable aussi. Ils étaient tous frères, cousins, et même s'ils n'étaient pas amis, c'était comme s'ils formaient à eux tous une grande famille. Celle de la misère, celle de ceux qui ont encore la rage de vivre. Celle des survivants, des combattants, des conquérants. Ici, les habitants ne se faisaient certes pas de cadeau, l'ambiance était électrique, et les hivers étaient rudes, lorsque le froid gelait les toits et les âmes, aussi. La nourriture manquait, les relations humaines aussi. Certains se tapaient dessus, parfois, pour quelques miettes de pain, ou pour un peu de réconfort. Parce que ça faisait du bien, parfois, de passer sa colère sur quelqu'un. D'exprimer sa rage, contre tous ces autres qui n'avaient pas leur vie merdique. Contre le Capitole, contre le Labyrinthe, contre ces riches qui occupaient les places de marque, au District. Non, la vie à la Veine n'était décidément pas des plus simples. Les plus faibles se faisaient écrasés, insultés, et leur vie était explosée en des milliards et des milliards de morceaux, dont il leur faudrait bien des millénaires pour réussir à tous les recoller. Il n'y avait pas de place pour la fragilité, la sensibilité, pas de place pour la compassion et la tolérance, à la Veine. Simplement pour la hargne, la haine, la vengeance, le manque, le chagrin et l'absence. La colère. C'était ce qui les liait tous. Cette colère contre l'existence, contre tout l'univers. Cette colère contre ce monde de barbares, cette colère contre Panem et la suprématie de ces gens hauts en couleurs. La Veine était colérique, sur le point d'exploser, et ses habitants aussi.
Gladys faisait partie de ce genre de personnes rebelles qui, malgré le couvre-feu, appréciaient fouler les rues de son quartier alors que les étoiles illuminaient la voix lactée. De toute façon, Gladys n'avait jamais vraiment été meilleure amie des règles qui, à ses yeux, n'existaient que pour être enfreintes. Elle adorait sentir l'adrénaline monter doucement jusqu'à son cerveau et sentir la peur et l'excitation embrumer ses pensées. Comme pour donner un peu de sens à sa vie. Comme pour se sentir un peu plus vivante, un peu plus humaine, et se conforter dans l'idée qu'elle n'était pas qu'une simple machine, née pour survivre, destinée à ce quotidien rempli d'imprévus et d’épreuves à franchir. Qu'il y avait une autre issue. Et dans de pareils moments, même si elle était loin de son frère, loin de Louie, même si elle était plus loin encore de ses défunts parents, elle pouvait oublier, un peu. Oublier que les Jours Sombres, deux ans auparavant, lui avaient retiré la moitié de sa famille, ses piliers. Oublier le Labyrinthe et les amies, les frères et les sœurs qu'il emportait un peu plus tous les mois. Oublier son manque d'argent, son arc et ses flèches, oublier cette faim qui lui tordait le ventre aussi. Elle appréciait cette solitude qui, au moins, ne la trahirait pas. Elle aimait se sentir en paix avec elle-même et avec la Veine, qui l'entourait d'une pale chaleur, et même si ce n'était pas grand chose, c'était déjà suffisant pour lui réchauffer le cœur. Ce cœur gelé, ce cœur de pierre. Parfois, Gladys aimerait pouvoir être moins vigilante et se permettre l'amour, par exemple, rythmant sa passion aux battements de cet organe vital qu'elle dénigrait, qu'elle méprisait. Mais elle savait que c'était impossible. Que faiblesse était synonyme d'agonie, à la Veine, et malheureusement, à ses yeux, l'amour en était sûrement la pire.
Et, soudain, elle entendit un bruit. Des pas, pourtant discrets, qu'elle arrivait à percevoir, même si, perdue dans la nuit, elle ne parvenait pas à distinguer une silhouette. Il y avait quelqu'un. Elle s'avança de quelques pas, cependant sur ses gardes. Et puis, en s'approchant du réverbère le plus proche, une fille se présenta à elle. La lumière jaunâtre de l'éclairage public accentuait le blond de sa chevelure, et pâlissait son teint. Elle était d'une beauté resplendissante, même si le soleil s'était couché depuis bien des heures déjà. « Excuse si je t'ai fait peur. » Et puis, elle remarqua les morceaux de pain qu'elle tenait entre ses bras. La boulangerie n'était pas si loin. Gladys comprit tout de suite, mais fit mine de ne pas avoir vu. Elle venait de voler du pain.

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MessageSujet: Re: wildest moments ✻ alice/gladys   Mar 17 Fév - 12:44

Gladys & Alice


Il y a deux ans.
Elle a perdu son père. Elle est sonnée, Alice n’est plus que l’ombre d’elle-même. Elle ne supporte pas de parler à grand monde, si ce n’est à Marley, et elle passe son temps comme si elle n’existait que physiquement et qu’il n’y a lus que son enveloppe corporelle dénuée d’âme. Elle en a marre, elle est extenuée. Elle vit dans ce monde misérable, elle a faim, elle crève la dalle, encore et toujours, quoi que tous puissent en dire. Et son frère ? Que dire de son frère ? Son frère, elle ne le voit plus, elle ne lui parle plus, ou presque. Comme a pratiquement toute sa famille. Tout son quartier, même.  Ombre dans la nuit, elle aime être seule et se retrouver à errer, après le couvre feu. Elle erre, elle regarde autour d’elle, va dormir, part se chercher à manger. Entendre son estomac grogner n’est pas une chose qu’elle apprécie particulièrement, tout comme la pitié des autres. Ce soir là, elle a les cheveux encore humides alors qu’elle se décide à sortir. Un débardeur en mauvais état, pas ce qu’il y a de plus propre, un pantalon ample et la voilà prête. Elle est entourée par la misère, sa famille est malheureuse et elle n’arrive pas à supporter de rester enfermer. Il faut qu’elle sorte. Le couvre feu ? Peu importe, ça ne l’a jamais arrêtée. Elle n’a pas froid aux yeux, la Koneradt, et elle n’hésite pas à le montrer. Elle se balade à la lueur pâlotte de la nuit, connaissant son quartier pourri par cœur. Elle tombe face à un bâtiment. La boulangerie. Ses pas, sans même qu’elle n’y pense, ont choisi de la guider ici et maintenant, devant cette boulangerie. Elle sait pourquoi, elle le sait parfaitement, même si elle le refuse. Discrètement, avec un génie dont elle seule  a le secret, Alice entre avec la plus grande discrétion, par habitude. Toute fine, toute légère, presque squelettique, elle n’a aucun mal à se faufile et à aller chercher le précieux sésame. Du pain. Elle a tellement envie, tellement besoin de manger. C’est comme si elle ne contrôlait plus ses gestes alors qu’elle les met dans l’urgence dans le petit sac besace qu’elle a emmené sans même s’en rendre compte. Depuis qu’elle est gamine, c’est comme ça. Elle vole, elle ne se rend as compte de ce qu’elle fait, c’est comme si c’était un automatisme pour elle. C’est comme si c’était seulement son corps qui commandait et rien d’autre. Comme si sa conscience était absente. Elle sort, et sentant la bonne odeur dans sa besace, elle se décide à glisser une main timide dans son sac tout en s’éloignant au pas de course pour en sortir un pain, puis deux, attendant d’être suffisamment loin pour pouvoir manger tranquillement. Soudain, une voix se fait entendre, qui la fait s’immobiliser, les yeux écarquillés comme un animal en proie. Comme un animal qui est coincé et qui n’a pas le choix. Excuse si je t'ai fait peur. Blême, elle la regarde, attendant une réaction. C’est trop gros, c’est trop beau. Non, impossible qu’elle ne s’en rende pas compte. Elle réfléchit à toute vitesse à une solution. Cette fille n’est pas spécialement dans la légalité non plus, puisque le couvre feu est passé depuis un bon moment. Tu… Tu veux du pain ? Elle propose en lui tendant une moitié du pain qu’elle vient timidement de casser en deux. C’est ma mère qui m’a envoyée pour en acheter à l’improviste, on a un arrangement avec le boulanger et… Ne pas mentir. Alice est une si piètre menteuse, qu’elle finit par se taire, regardant la jeune femme, stoïque.


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© EKKINOX
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MessageSujet: Re: wildest moments ✻ alice/gladys   Jeu 19 Fév - 17:26


don’t walk behind me, i may not lead.
don’t walk in front of me, i may not follow.
just walk beside me and be my friend.
✻✻✻


Two years ago.
Gladys regardait cette blonde avec compassion, comme si, pour la première fois, elle ressentait le besoin de protéger quelqu’un, d’aider une personne à s’enfuir, à se tirer de la misère, à échapper à ce quotidien malheureux, même si elle s’y était elle-même enfouie depuis trois ans déjà. Comme si, pour la première fois, elle ressentait le besoin de se sentir humaine, un peu. Retrouver cette humanité qu’elle croyait avoir perdu. Faire frémir sa tolérance, sa pitié, sa compréhension. Être quelqu’un d’un peu mieux, pour une fois. Depuis ses quinze ans, Gladys s’enfermait dans ses insultes, dans sa rage et sa colère. Elle se fermait à un entourage plus que limité, qui ne se résumait qu’à son frère, Louie (avant sa moisson, naturellement) et, certes plus récemment, mais tout aussi important, Charlie. Ses relations avaient les autres étaient rares. Elle ne semblait pas comprendre de quoi se constituaient une émotion, un sentiment. Un besoin d’affection, ou même de l’attachement autre que purement familial. C’était comme si elle avait oublié ce que c’était que d’aimer. Elle avait enseveli son cœur sous d’épais draps qui l’étouffaient, l’éloignaient de tout réconfort. Alors, elle regardait cette fille avec une lueur inconnue, étrangère, dans le regard. Qui n’avait pas traversé ses pupilles depuis bien longtemps. L’espoir de quelque chose de bon, de pur. L’espoir de ne plus se sentir seule à tout jamais.
Elle pouvait avoir seize ou dix-sept ans peut-être, et n’était sûrement qu’à peine plus jeune que Gladys. Et si les traits de son visage témoignaient un air juvénile, il se dégageait de son attitude quelque chose de drôlement mature qu’enviait Gladys. A coup sûr, cette jeune fille n’était pas issue des quartiers aisés du District. D’ailleurs, cela n’aurait aucun sens, puisque seuls les plus pauvres, ou les plus tristes, foulaient le sol de la Veine. Et seuls les plus démunis allaient jusqu’à braquer la boulangerie. Au début, Gladys ne faisait rien d’autre que l’observer, silencieusement. Elle tentait, avec sa piètre expérience, de distinguer des éléments importants dans sa tenue, dans son expression de visage, dans sa voix. Elle tentait d’exploiter ce qu’il lui restait de savoir sur l’humain et ses réactions. Le mensonge, la gêne. Elle pouvait les ressentir, et ça la faisait doucement sourire, de voir l’autre blonde essayer de se sortir d’affaire en racontant tout et n’importe quoi. Elle ne se moquait pas, pourtant. Elle se reconnaissait chez elle, elle comprenait tout à fait ce qu’elle ressentait. Et pourtant, elle avait cet air indifférent sur le visage. Cette expression constamment lassée. A sa plus grande surprise, elle lui demanda si elle voulait du pain. Bien sûr qu’elle voulait du pain, mais jamais elle n’avait osé imaginer que cette blondinette lui proposerait de partager ce qu’elle venait de voler. Désorientée, elle tendit la main, attrapa le bout de baguette en hochant la tête, fixant le morceau comme une bénédiction. Aussitôt, elle croqua dedans à pleines dents. Elle n’avait pas mangé aujourd’hui. Ca faisait tellement de bien de se sentir vivante, un peu. Elle essayait de mentir, Gladys la laissa déblatérer, avant de relever le regard et de la fixer dans les yeux. « Je comprends. » Elle disait cela d’une manière très simple. Elle comprenait le mensonge comme elle comprenait le besoin de la jeune femme de voler ce pain. Sûrement avait-elle une famille entière à nourrir. Sûrement n’avait-elle pas fait cela pour remplir son propre estomac. Pour une seule personne, il y avait toujours d’autres alternatives, pour trouver un peu de nourriture. « T’as quel âge ? » Demanda Gladys, le regard dans le vague. En fait, elle s’en foutait royalement. Mais les occasions de discuter avec quelqu’un étaient bien trop rares pour ne pas sauter sur cette chance. « Moi c’est Gladys. »
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