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 are you coming to the tree ? ✻ rox/glad.

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MessageSujet: are you coming to the tree ? ✻ rox/glad.   Lun 16 Fév - 17:41


strange things did happen here

no stranger would it seem

if we met up at midnight in the hanging tree ?
✻✻✻


Sixteen months ago.
Novembre s'installait sur Panem, baignant ce qui restait de l'ancien continent d'une pâleur peu réconfortante. L'hiver approchait à grands pas, et étrangement, cette année, Gladys était persuadée qu'il serait plus difficile à affronter. Plus rude encore que le précédent, qui avait été une véritable épreuve pour elle et son frère. Si bien que ce garçon, issu des classes moyennes, vivant paisiblement dans les lotissements, lui avait proposé de l'héberger, au moins le temps de deux ou trois mois, alors que chaque parcelle de leur corps trop peu couvert était assailli par le froid, gelé par la neige abondante de ce terrible hiver. Non, Gladys détestait l'hiver, car le bétail était moins présent dans la forêt, aussi. Chasser n'était plus une occupation ou une partie de plaisir, et même si elle n'avait jamais perdu de vue cet objectif ultime qu'était la survie, elle prenait plaisir à manier l'arc. Seulement, pendant cette période de grand froid, les bêtes hibernaient, ne se montraient plus beaucoup. Alors, la faim leur retournait le ventre. On manquait de nourriture, à la Veine, et davantage encore l'hiver. On hurlait à la mort pour trouver un peu de pain. On priait devant tous les dieux possibles et imaginables pour traverser ces quelques mois, et en ressortir encore vivant. On pleurait toutes les larmes de son corps tant la souffrance s'emparait petit à petit de notre personne, de notre âme. Gladys avait connu tout ça, et s'ils étaient encore en vie, avec son frère, ce n'était que la faute à la chance et au destin. La faute, parce que peut-être que Gladys aurait préféré être morte. C'était triste à dire qu'à dix-huit ans, elle avait déjà pensé au suicide. Au bonheur éternel, ou à l'enfer des damnés. C'était triste à dire qu'un simple fragment d'espoir la retenait encore au fil de sa vie. Et cette dernière lumière, cette ultime flamme, elle apparaissait sous deux noms différents : Dan, son frère, et Louie, son meilleur ami. Non, assurément, Gladys détestait l'hiver, comme elle détestait le Capitole ou le Labyrinthe, qui emportait des vies, des frères, des amis. Gladys, elle avait cette hargne, cette rage, qui bouillonnait au fond d'elle, constamment. C'était son oxygène, le sens de sa vie. La colère. La tempête qui grondait au fond d'elle. Il fallait que ça cesse, tous ces maux qui lui assaillaient l'esprit, la tourmentaient depuis qu'ils étaient partis, envolés à tout jamais, arraché à la vie de la manière la plus cruelle qui pouvait exister ; ses parents étaient morts pendant les Jours Sombres, et depuis ce jour tragique, Gladys n'arrivait pas à renaitre, retombant constamment en cendres, comme ruinée à tout jamais de tout espoir de renaissance.
La forêt était depuis longtemps déjà un véritable refuge pour Galdys. Elle l'avait découverte avec son père, pendant son enfance, et depuis, elle ne l'avait jamais quittée. C'était d'ailleurs avec lui qu'elle avait appris à chasser, passant d'un arc miniature à une véritable arme, aujourd'hui. Faisant partie intégrante de leur vie, vendre ce que chassait la famille au marché noir était le quotidien de Gladys depuis son plus jeune âge, et c'était pourquoi à la mort de ses parents, cet univers illégal ne lui était pas vraiment étranger, et elle avait continué d'échanger ses écureuils contre quelques pièces, avec lesquelles elle achetait du fromage, ou même un peu de pain frais, parfois. Un luxe qu'elle ne pouvait malheureusement pas se permettre toutes les semaines, et même lorsqu'elle amassait assez d'argent pour s'acheter un repas entier, elle préférait le donner à son frère, et manger ce qu'il restait. Dan était sa dernière raison de vivre. A eux deux, ils représentaient les deux derniers Everdeen foulant encore le sol de Panem, et à eux deux, ils formaient une misérable équipe de deux gosses qui avaient à peine de quoi manger, mais qui s'accrochaient tout de même à ce que la vie acceptait encore de leur offrir. Leur quotidien ne se résumait plus à grand chose, et Gladys, désolée, lassée, ne vivait plus que dans l'idée que de procurer un peu de bonheur à son jeune frère, qui ne méritait pas tout ce qui leur arrivait, qui ne méritait pas d'être malheureux. Il était le seul avec qui elle était douce et tendre, avec qui elle mettait un peu sa fierté de côté, un peu son égoïsme en veille. Il était son âme-sœur, son alter-égo, et elle entretenait ce lien indescriptible avec lui. Elle aurait pu donner sa vie contre la sienne.
Gladys s'assit sur un tronc d'arbre, épuisée, et elle posa son arc et ses flèches à côté. Cela faisait deux heures qu'elle arpentait le sol boueux de la forêt, à la recherche d'une petite bête. Elle savait qu'elle ne devrait pas être là, ce matin. Qu'elle devrait être chez elle, comme toutes les autres filles du District, à se préparer pour la moisson imminente. Cette putain de moisson qui la terrorisait. Elle n'avait pas dormi, cette nuit, et elle avait rêvé que c'était au tour de Dan, d'être envoyé au Bloc. Elle avait rêvé de cette solitude extrême, de cette solitude sans issue, sans solution. Le néant. Le vide total. La moisson la terrifiait. Elle n'osait même pas imaginer ce que deviendrait son existence si Dan montait sur cette estrade, qu'on l'envoyait au Capitole, puis au Bloc. Elle avait déjà perdu Louie. Le voir partir lui aussi serait un véritable cataclysme, une tempête, un tsunami, ravageant tout ce qu'il lui restait, tout ce qu'elle avait rebâti. Non, Dan ne serait pas envoyé au Capitole, puis livré au Labyrinthe. D'ailleurs, elle n'y pensait même pas. Quelle était la probabilité, après tout ? Puis, soudain, quelqu'un arriva. Une jeune femme, qui pouvait avoir une vingtaine d'années. Brune. Resplendissante. Elle avait cependant le visage comme marqué par les épreuves, et une certaine maturité se dégageait de son allure. Gladys se souvenait d'elle, et pourtant, elle ne connaissait même pas son prénom. Elles avaient simplement partagé un peu de viande. Et ce n'était pas vraiment anodin, à la Veine, la notion de partage. « Salut. » Elle lui adressa un mince sourire. Gladys se souvenait de l'avoir rencontré ici, lui aussi, avec ses yeux humides et sa voix cassée. Il pleurait, ce jour-là, et elle l'avait consolé, à sa manière, bien malgré elle. Gladys, elle n'avait jamais été vraiment douée dans les relations humaines. Elle constatait, faisait mine de s'intéresser. Mais au fond, elle n'y comprenait rien. D'ailleurs, elle n'savait même pas si cette fille comptait rester. Assurément, elle ne dépassait pas les vingt-cinq ans. Peut-être était-ce une rebelle dans l'âme, elle aussi. Peut-être fuyait-elle la moisson, la décision qui tombe, la fatalité, elle aussi. Peut-être qu'elles n'étaient pas si différentes. « Tu ne te prépares pas pour la moisson ? Il parait qu'il faut se faire jolie. » Gladys, dans toute sa finesse. Elle n'insinuait absolument pas que la mystérieuse brune n'était pas belle, au contraire. Mais c'était Gladys, et bien souvent, elle avait du mal à s'exprimer, elle était maladroite dans ses paroles, comme si elle n'avait pas l'habitude d'avoir une discussion normale, avec quelqu'un d'intéressant. Comme si elle avait perdu la notion d'humanité.
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MessageSujet: Re: are you coming to the tree ? ✻ rox/glad.   Mar 17 Fév - 1:17


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seize mois ont passé depuis ces événements.
Novembre.
Le froid commençait à s'installer en douceur, et l'hiver se faisait sentir. La pire saison qui soit, selon la brune. L'air mystérieux sur le visage, elle voguait entre les différents débris de la Veine. L'endroit était désert, la Moisson serait bientôt là. Tout le monde se préparait, tous étaient en train de se faire chouchouter par leurs parents ou bien leurs proches. Mais Roxana, elle n'avait personne pour faire cela. Les Jours Sombres étaient loin derrière eux, mais le Labyrinte était une conséquence suffisamment grosse pour penser à deux fois avant de se rebeller. Néanmoins, jamais la jeune femme n'hésiterait à le faire. Pour sa patrie, pour sa fierté, pour sa liberté. Jamais elle ne se laisserait emporter par le Capitole. Si un jour le destin décidait qu'elle devait se rendre au Bloc, elle vaincrait. Elle trouverait une foutue sortie à cet établissement. Elle changerait le monde. Telle était sa conception de la vie. Rox savait qu'un jour, elle irait. C'était une fatalité que bien des jeunes de son âge connaîtraient. Malgré qu'elle était dans la vingtaine, cela ne l'épargnerait pas. Son statut de petite fille pauvre non plus. Son corps chétif ne la sauverait pas et ses atouts... Ils pourraient lui permettre des avantages dans le Bloc, mais jamais aux yeux du Capitole. Ces derniers avaient des femmes à perte de vue, des mannequins tout droit sortis de chez Victoria's Secret. Secrètement, elle enviait tout ceux qui avaient eu une belle vie. Tout ceux qui avaient connu le bonheur, le vrai.
Un soupir s'échappa de ses lèvres, à demi-fermées. Le froid la surprenait. Mais il fallait avouer qu'elle était peu vêtue, aujourd'hui. Elle portait simplement son éternelle veste de cuir noir, un slim noir et... devinez. Son tee-shirt noir. Ses vêtements n'étaient pas colorés comme ceux des habitants du Capitole. Roxana n'en voyait pas l'utilité. À la limite, elle pouvait choisir du blanc. Mais aujourd'hui, il s'agissait d'une journée sombre, dédiée à la noirceur qu'apportait la Moisson.

La jeune femme marcha un long moment, seule.
Mais cela ne l'inquiétait pas. Elle préférait la solitude qu'une compagnie dérangeante.  Au fil de ses pas, ses longs cheveux bruns valsaient sur ses épaules. La faim commençait à ronger son estomac et à la faire souffrir. Elle ne pensait pas être capable de tenir trois jours sans manger, mais voilà. Aujourd'hui, cela faisait exactement trois jours et une demi journée, et elle était faible. Un peu trop, même. La belle scruta les environs, déshabillant les kiosques des yeux. La viande venait d'être sortie, et elle pouvait humer la délicieuse odeur qu'apportait un pain frais. Subtilement, la jeune femme fit taire ses pas et mis son capuchon sur sa tête, pour qu'on ne la voit pas. Une course anima la Veine, alors que la jeune femme piqua un gros morceau de viande et une miche de pain aux marchands. Elle n'avait aucun scrupule à le faire, elle avait elle aussi besoin de survivre et n'avait pas les moyens de payer les prix affichés. D'ailleurs, Roxana n'avait aucun moyens. Elle ne possédait aucune source de revenus, et c'était de plus en plus difficile, au fil de journées.
Les furieux vendeurs la poursuivirent longtemps, jusqu'à abandonner complètement. Heureusement, parce que la jeune femme arriva dans la forêt, à bouts de forces, sur le bord de l'évanouissement. Sans plus attendre, la brune croqua dans la baguette de pain, se régalant au passage. Mais elle se dit qu'avant de tout manger, elle devait s'asseoir, se reposer, et le sol était trop mouillé, là où elle se trouvait. La forêt était un endroit sombre, mais cela lui plaisait, et c'était une source de réconfort pour elle.

De longs instants, la jeune femme arpenta la forêt, à la recherche du coin parfait, de l'endroit où elle pourrait s'asseoir et manger sans plus d'attente. Bien entendu, elle devait faire cuire la viande, mais cela se ferait avec un feu qu'elle ferait, grâce à la technique de survie qu'elle avait développé au cours de ces dernières années.
La Veineuse s'aventura plus loin dans la forêt, s'égarant au passage. Son sens de l'orientation s'affaiblissait lorsqu'elle n'avait rien mangé depuis un nombre incalculables d'heures. Mais néanmoins, elle sentit qu'elle n'était pas seule. Près d'un arbre se trouvait une jeune femme à la même allure qu'elle. Fatiguée. Mortifiée par la moisson même si elle ne voulait pas l'assumer. Cette jeune femme, elle la connaissait car elles avaient déjà partagé un peu de nourriture. Roxana lui offrit un mince sourire lorsque cette dernière la salua poliment. « Hey. » Elle vint s'asseoir aux côtés de la demoiselle, qui ne s'offensa pas. À la Veine, tout le monde s'entraidait au possible. Mais on supportait difficilement les voleuses. À cette pensée, la brune commença à faire le feu, en posant le morceau de viande sur ses genoux. Jamais cela ne la dégoûterait, même si du sang d'animal continuait de dégoûter de la pièce. Alors qu'elle faisait cela, l'autre fille lui demanda pourquoi elle n'était pas en train de se préparer pour la moisson. Tout son corps se raidit. « Où veux-tu que je me prépare? Je n'ai rien d'autre à me mettre, et je n'ai aucun endroit où le faire. Au fait, tu as faim? » Changer de sujet. La technique la plus connue en ce bas monde. Elle tendit la miche de pain à la demoiselle. « La viande sera prête bien assez tôt. Au fait, on s'est déjà vues, mais je ne me suis jamais présentée. Roxana. » fit-elle, avec un sourire nerveux. Elle plaça le morceau de viande sur des bouts de bois assez épais et la fit cuire. « Je n'ai pas eu le temps de chopper des assiettes et des ustensiles. J'ai failli me faire chopper par les marchands. » Un rire s'échappa de sa gorge. Rauque, comme sa voix, sèche. Elle attendit une quelconque réponse, en continuant de préparer la viande, qu'elle aimait bien cuite.

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MessageSujet: Re: are you coming to the tree ? ✻ rox/glad.   Mar 17 Fév - 9:32


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Gladys la regardait avec cet air indifférent et presque enfantin. Cet air désabusé, constamment lassé. Comme si la vie le lui imposait. Résignée, au final, elle n'avait jamais fait rien d'autre que se résigner face à son propre destin. Et même si elle haïssait le Capitole plus que tout, que ses parents avaient participé aux Jours Sombres, s'opposant naturellement à la capitale, même si elle se décrétait elle-même comme partisane d'une nouvelle rébellion, Gladys devait faire face aussi à des enjeux beaucoup plus puissants que quelques millionnaires ou une armée entière de pacificateurs. Le sort, la chance, la fatalité aussi. Ils semblaient tous avoir sonné à sa porte, hier ou quelques années en arrière. Ils hurlaient, derrière ces quelques bouts de bois, et ça résonnait dans la tête de Glad en boucle. Ça lui faisait mal, aussi, de tout porter, d'endosser à elle seule toutes ces responsabilités. Mais elle le devait pour Dan, qui n'avait alors que quinze ans, ce n'était qu'un adolescent, pourtant déjà employé à la mine. Dan s'était montré courageux, à la mort de leurs parents, et s'il avait beaucoup pleuré, comme Gladys, pendant de nombreuses journées, rapidement, ils s'étaient rendus compte que se morfondre sur leur sort et laisser la faim leur ôter la vie petit à petit, n'était pas la solution. Alors, ils s'étaient battus, ensemble, main dans la main. Et aujourd'hui, Dan se préparait sûrement tranquillement dans leur taudis, à la Veine, enfilant cette chemise qu'il avait un jour réussi à s'attacher d'occasion, parce qu'elle avait un gros trou dans la manche qu'il tentait tant bien que mal de cacher. Et puis, personne ne le remarquerait sûrement, puisque personne ne ferait réellement attention à eux. Comme toujours. Sauf si l'hôtesse, de sa voix haute et détestable, criait un de leurs deux prénoms. Ce serait une catastrophe.
Alors Gladys, face à cette nouvelle compagnie, cette nouvelle alliée, cette nouvelle amie, essayait de ne plus penser, choisissait de ne pas avoir des démons supplémentaires qui venaient lui tourmenter l'esprit, même si elle avait la boule au ventre, à quelques heures de la nouvelle moisson. Celle d'Octobre avait emmené un habitant de la Veine. Et si c'était son tour ? Elle secoua la tête machinalement. Elles étaient si nombreuses dans le District. Évidement que son prénom ne tomberait pas. Sauf si le malheur et la malchance souhaitaient réellement s'acharner sur elle. (Et c'était ce qui allait se passer.) La fille la salua discrètement, à son tour, et Gladys lui adressa un pâle sourire, à nouveau. Comme si étirer ses lèvres était un véritable effort, ou même qu'elle n'avait jamais réellement appris comment faire. Sourire, ce n'était plus vraiment dans ses priorités. Ni même dans sa nature, à vrai dire. Gladys était plus ce genre de femme qui avait le regard éteint et les traits tirés, qui regardait souvent dans le vague, même lorsqu'elle parlait. Et puis, elle ne parlait pas beaucoup. Souvent, c'était pour dire la vérité, car Gladys n'était pas une menteuse, ni une voleuse. Oui, lorsque Gladys parlait, c'était souvent pour dire à quelqu'un lorsque quelque chose lui déplaisait, ou lui avouer tout le fond de sa pensée à son sujet. Grande gueule ? Un peu, même si elle ne l'ouvrait pas beaucoup.
Elle non plus n'avait pas grand chose d'autre à se mettre. Il y avait une robe, violette un peu trop délavée, qui l'attendait, dans leur cabane, sur son lit défait. Elle n'avait pas encore décidé si elle allait la porter ou si elle resterait dans son jean et son pull qui, au moins, avait le mérite de lui tenir chaud. Et c'était d'ailleurs son seul vêtement qui remplissait cette fonction, la laine étant trop chère pour qu'ils puissent se permettre de faire des folies là-dessus. Il y aurait toutes ces filles à l'apparence divine, préparées depuis l'aube déjà, et qui étaient issues des familles les plus riches du District. C'était un bon moyen pour eux d'affirmer leur richesse et leur pouvoir politique, à travers cette moisson, où tous les yeux étaient rivés sur leurs enfants, sauf peut-être au moment où les noms étaient appelés. Et puis, parfois, ça tombait sur ces bourgeois, et ils en faisaient un scandale. Après tout, ils avaient tous la même probabilité d'être envoyés au Bloc. Alors à quoi bon essayer de se faire jolie ? Gladys aimerait se sentir un peu plus belle, parfois. Elle savait qu'elle n'avait pas spécialement le physique dont toutes les jeunes filles rêvaient. Qu'elle avait ses défauts, ses qualités. Elle savait aussi qu'elle était très plate, et trop pâle. Que la crasse qui s'amassait sur sa peau claire ne la rendait que moins attirante encore. Au fond, elle aurait aimé connaitre la sensation procurée par un rouge à lèvre, le mascara qui collait tous les cils entre eux, les longues robes qui semblaient tout droit venir du Capitole. Elle aurait aimé vivre dans le luxe, et même au Capitole peut-être, pour une journée, pour voir ce que c'était. Et puis, quelques instants plus tard, elle s'en voulait de raisonner de la sorte. Elle n'avait pas le droit d'espérer une vie d'hypocrite, une vie mensongère et une vie où il n'y avait plus de respect, plus de fierté. Au moins, à la Veine, elle avait le mérite d'être celle qu'elle était réellement, et personne ne lui en empêchait.
Elle hocha la tête, une fois, puis deux. Oui, elle avait faim. Et cette jeune femme se prénommait donc Roxana ; sûrement l'avait-elle déjà entendu quelque part. « Gladys. » Répondit-elle simplement. Souvent, elle ajoutait qu'on pouvait la surnommer Glad, mais ce matin, elle n'avait pas envie de parler. Le regard perdu entre les broussailles, elle entendait la viande crépiter, et Roxana parler. C'était comme si elle l'entendait, mais qu'elle ne voulait pas l'écouter, pas la comprendre. C'était la nouvelle moisson cet après-midi, et elle se sentait coupable de prendre le temps de partager un peu de viande avec une fille qu'elle ne connaissait même pas, comme la dernière fois. Un rire s'éloigna dans l'immensité de la forêt, et Gladys tourna la tête, regardait Roxana avec curiosité. Comment on faisait, déjà, pour rire ? Elle ne s'en souvenait plus. La dernière fois qu'elle avait ri sincèrement remontait à des années déjà. « C'est pas grave, c'est sympa de partager ta viande. Merci. » Rares étaient les fois où Gladys avait l'occasion de remercier quelqu'un, tout simplement parce qu'on ne faisait rien pour elle. Tout comme elle ne faisait pas grand chose pour les autres. A vrai dire, elle ne se sentait même pas redevable. Sûrement ne rendrait-elle jamais la pareille à Roxana, même si c'était la deuxième fois qu'elle la nourrissait. Peut-être qu'un jour elle aurait l'occasion de la remercier correctement. Elle n'y pensait pas, et se contenta de mordre dans son morceau de viande. La cuisson n'était pas parfaite, mais c'était comme un véritable diner dans un palace du Capitole, pour elle. Un long silence s'installa, mais Gladys n'était pas gênée. Elle était une habituée du silence, qui pesait constamment sur son âme. Elle cherchait quelque chose d'intéressant à dire. Malheureusement, le seul mot qui lui venait à l'esprit était « moisson ». « T'as peur ? Pour cet après-midi, je veux dire. » Elle demandait cela simplement.

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MessageSujet: Re: are you coming to the tree ? ✻ rox/glad.   Sam 21 Fév - 3:39


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Le bonheur.
Qu'en était-il réellement ? Pouvions-nous proclamer en connaître sa signification ? Qui pourrait, si on ne le connaît jamais? Faire face au bonheur serait, selon certains philosophes, que tous nos besoins soient comblés, et qu'on ait plus besoin de rien. Si elle se fiait à cette mince description d'une réalité qui n'était pas la sienne, elle en était même très loin. Comment être heureuse lorsque le Capitole, qui se dit protéger les districts, les privaient de plus en plus? Des familles mourraient de faim, d'infections et de soif pendant qu'eux s'empiffraient et regardaient naïvement des prisonniers d'un putain de Labyrinthe qui ne servait à rien. Il ne résoudrait aucunement les rebellions. Il ne ferait qu'alimenter la haine que les Veineux portaient envers les hautains de service. Pendant les Moissons, ils prenaient une jeune femme et un jeune homme, et les séparaient de leur famille, de leur amoureux et de leurs amis. C'était insensé. Comment une telle chose pouvait-elle apporter une quelconque paix dans le monde? Pourquoi le Capitole ne pouvait-il pas se résoudre à voir que cette solution n'en était pas une, et qu'il s'agissait simplement d'un complot, encore une fois? Persuadée qu'il y avait néanmoins des épreuves pire que le Labyrinthe, la jeune femme n'oserait pas se soulever. Elle ne voulait pas mourir. Elle n'avait pas survécu en volant et en se faufilant pendant des années pour finir comme ça. Mais ce qui était sur, si elle était moissonnée un jour, aujourd'hui ou un autre, elle se vengerait. Oh oui. Elle s'entraînerait, mangerait comme il le faut et deviendrait coureuse, juste pour démentir toutes ces rumeurs qui disent qu'aucune sortie n'était possible, dans le Labyrinthe. Elle trouvait un moyen de sortir ces pauvres gens de là.
Lorsque Gladys leva des yeux sur elle d'un air incertain au départ, Roxana lui fit un sourire. Mince, mais il était là. La viande cuisait lentement alors qu'elles attendaient, en silence. Que pouvaient-elles dire de plus, hm? Toutes deux devaient être préoccupées par ce qui les attendaient cet après-midi là. Pendant que toutes les filles allaient à l'école, devenaient encore plus riches, elles, elles mangeaient de la viande mal cuite et volée par dessus le marché. Jamais elle ne pardonnerait aux bourgeois leur gourmandise et leur soif insensée. Sa jeune amie la remercia pour la viande et la brune ne répondit que par un hochement de tête, la bouche pleine. Elle songeait à toutes les belles robes portées par les capitoliennes, fières et... Argh. C'est pourquoi, lorsque Gladys mentionna la Moisson, Roxana se raidit d'un seul coup. Se faire belle, sérieusement ? À cette mention, la veineuse faillit s'étouffer. C'était tout bonnement impossible pour elle, d'être belle. Amincie par le temps, le manque de nourriture et d'eau, elle ne se considérait pas jolie. « Disons qu'il ne s'agit pas d'une de mes préoccupations. La beauté, je veux dire. Et toi alors? » Ouais, parce que la Moisson, elle, rien que d'y penser, lui fichait une de ces trouilles...

Haineuse, elle afficha une moue désapprobatrice face à ce sujet. Néanmoins, bien qu'elle était sensible, elle devait en parler. Elle se sentait déjà confinée dans cet univers qui, parfois, semblait trop étrange pour être le sien. Lorsque la jeune femme termina son repas, elle jeta les os dans la nature. Elle n'avait pas que ça à faire, les poubelles. Un long silence s'était installé entre les deux filles, mais cela ne gênait pas Roxana. Plongée dans ses pensées, elle pensait à la même chose que Gladys, apparemment. Quand elle entendit à nouveau sa voix s'élever dans les airs, elle sentit son coeur battre la chamade, cette fois. La question l'interpella. Avait-elle peur? Oui, énormément. Elle détestait l'idée de se faire appeler en publique, mais elle n'avait pas peur du Labyrinthe. Elle serait même contente de s'y retrouver, pour aider les Blocards. « Le Labyrinthe ne m'effraie pas. Ça ne me dérangerait pas de m'y retrouver, pour aider toutes ces personnes. » L'entraide s'était développée au sein de leur cité, si on pouvait la nommer comme ça. La Veine était davantage comme un village reclus de la société, et les quartiers riches avaient tendance à leur cracher dessus dès que l'occasion passait près d'eux. « Mais j'ai peur d'être appelée. Qu'on connaisse mon nom. C'est stupide, hein? Je n'ai pas envie de me retrouver parmi les mondains... J'ai peur, pour ça. » Sur le coup, elle ne lui retourna pas la question. Son regard se durcit et se porta sur l'horizon, qui ne dévoilait rien de bon pour elles. Bientôt, le glas sombre allait sonner dans le District. « Mais on dit que le seul outil plus puissant que la peur est l'espoir. J'ai confiance en ça. » Un nouveau soupir. « Toi, tu en penses quoi? Du Capitole, du Labyrinthe... De tout ça? De la moisson? » La question était risquée, mais Roxana s'en fichait. Le sourire rassurant qu'elle portait aux lèvres était une promesse non-dite, promettant de garder le secret.
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MessageSujet: Re: are you coming to the tree ? ✻ rox/glad.   Sam 28 Fév - 9:27


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Gladys semblait comprendre l'histoire de Roxana rien qu'en l'entendant parler, rien qu'en la regardant d'un peu plus près. Quelques fois, elle l'avait croisée dans la Veine, sans réellement faire attention à elle, et encore moins à son physique. Constamment habillée de cette veste en cuir qu'elle avait sûrement volé, l'habit cachait un corps maigre, bien trop maigre, de la même manière que celui de la jeune Everdeen. Inconsciemment, elle arrivait à se retrouver en Roxana, même si cette dernière était certainement âgée de quelques années de plus qu'elle. Sûrement partageaient-elle les mêmes chagrins familiaux, les mêmes souffrances aussi. La faim, la peur, le froid, la tristesse. La misère ne leur donnait guère de choix. Et si Gladys ne volait pas beaucoup, étant trop peu discrète, trop grossière, le fait que Roxana en arrive à cet acte témoignait de son désarroi et de sa pauvreté. Rien que pour cela, Gladys la respectait, et plus que ça, l'appréciait un peu. Sa présence n'était finalement pas si désagréable, même si la moisson imminente gâchait le plaisir de cette nouvelle rencontre matinale. Rendait le gout de la viande déjà mal cuite plus amère encore. Rendait le ciel un peu plus gris. Pesait un peu plus lourd sur les épaules de Gladys. Et pourtant, elle se surprenait à esquisser des sourires, en cette triste journée, alors qu'elle devrait être chez elle, enfilant cette robe trouée qu'elle détestait, ayant appartenu à sa grand-mère autrefois. En train de se ronger les ongles, terriblement inquiète pour Daniel, son petit frère. Constamment, elle se souciait de lui bien plus que de sa propre vie. Il était d'ailleurs la seule personne qui passait avant elle. Avec Louie, aussi, peut-être. Mais Louie n'était plus là, et ça faisait déjà bien longtemps qu'il n'était plus là, comme enlevé pour l'éternité par le Capitole, enfermé entre ces quatre murs de béton armé. Depuis trop longtemps, Gladys avançait seule, surveillait Dan, aidait Charlie un peu, aussi. Croisait du monde, beaucoup de monde, sans réellement y prêter attention. Alimentait sa haine pour ce pacificateur qui avait tué ses parents, quelques années plus tôt. Se nourrissait du peu de pain qu'elle réussissait à se payer avec les animaux qu'elle chassait, et un peu de fromage aussi, parfois, même si c'était un luxe qu'ils ne pouvaient que rarement se permettre. Et si elle refusait de se l'admettre, tous les jours, elle survivait dans la peur. Dans la peur du passé, la peur de sa mémoire, la peur des souvenirs. La peur de la soif, de la faim, de la souffrance physique. La peur d'être déchirée à nouveau, la peur des larmes, la peur des cris, la peur d'être faible. La peur du Capitole, du Labyrinthe, la peur des hommes en blanc. Chaque jour était un nouveau combat qui l'épuisait un peu plus. Et ça faisait tellement de bien, un peu de répit, loin de ces nombreux adversaires, et un peu plus proche d'un potentiel nouvel allié.
Roxana faillit s'étouffer, toussota, sûrement après avoir avalé de travers, et Gladys faillit rire. Pour la première fois depuis longtemps, elle se surprenait à se moquer de quelqu'un amicalement. Comme si elle la considérait déjà comme une amie. Et puis, ses mots semblèrent la ramener violemment sur Terre. Elle n'avait pas envie de penser à la Moisson, et pourtant, celle-ci était dans tous les esprits, au centre de toutes les conversations. Malheureusement, elles n'échappaient pas à la règle. « Je suis couverte de crasse à longueur de journée et je n'ai même pas assez d'eau pour me laver entièrement. Moi aussi je m'en fou, des robes et du maquillage. Toute façon, j'ne suis même pas jolie, alors à quoi bon. » Elle avait le regard vague. Puis, à la même manière que Roxana, une fois sa viande terminée, elle jeta les os dans les broussailles, à quelques mètres. Sa question sembla raisonner dans toute la forêt, et un court silence s'installa. Peut-être n'aurait-elle pas dû lui demander si elle était effrayée. Mais Gladys n'était pas gênée. Après tout, elle n'avait jamais vraiment compris cette notion de honte, de gêne. A ses yeux, son instinct était la meilleure boussole, et avait au moins le mérite de la guider vers un chemin qui lui ressemblait. Malheureusement, ce sentier faisait impasse des sentiments et émotions, elle n'avait jamais vraiment compris la nature humaine, et encore moins les réactions de ces drôles d'êtres. Roxana n'avait pas peur. Pas peur du Labyrinthe. Et au contraire, elle semblait déterminée à s'y rendre. Plus rien à perdre, tout à y gagner, pensa Gladys. Elle, elle avait Dan. Et elle ne pouvait pas se permettre de penser de la sorte. Parce qu'il était là et que l'abandonner résoudrait presque à le condamner. Elle ne pouvait pas entre dans ce bloc, il ne s'en sortirait pas, elle en était persuadée. Elle fut surprise lorsque Roxana lui demanda son avis. On ne lui demandait jamais ce qu'elle pensait. Tout le monde se fichait bien de ce que la pauvre orpheline de la Veine pouvait bien penser. D'ailleurs, cela faisait bien longtemps qu'elle avait arrêté d'espérer qu'on lui accorde un peu d'attention, un peu d'importance. Elle tourna la tête, et ses pupilles croisèrent celles de Roxana. Elle en avait, des choses à dire, sur ce sujet. « Moi ça me fait peur. Surtout pour Dan, en fait. Si il part dans le Labyrinthe, je serai seule, et si c'est moi qui part, c'est lui qui se retrouvera tout seul. Il ne s'en sortirai pas. Et ça, ça me terrifie. Je déteste le Capitole, c'est vrai, et même si je hurle partout que je ne suis pas de ces personnes résignés, en réalité... Je n'vaux pas mieux qu'eux. C'est la peur qui me résout à obéir et à rester dans mon taudis sans rien faire. Même si je gueule, je n'ai pas le courage de mes parents, et d'ailleurs, c'est pour ça que contrairement à eux, je suis encore en vie. » C'était une des premières fois qu'elle se livrait autant, et puisqu'elle n'avait pas l'habitude, elle avait vraiment l'impression que son discours n'avait aucun sens. Et puis, elle s'en fichait après tout. Tout comme Roxana ne devait pas réellement s'intéresser à sa triste vie.
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